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Sur la commode

À propos du fascisme

Adresse à ceux qui sont encore illusionnés par l’antifascisme

8 septembre 2017

Le « pire produit du fascisme a été l’anti-fascisme » Programme communiste, Revue théorique du parti communiste international, Numéro 45, juillet - septembre, 1969

La “social-démocratie” qui, hier, fusillait Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht, en janvier 1919 à Berlin, trouve aujourd’hui encore ses meilleurs alliés dans le prolétariat le plus jeune et inconscient pour promouvoir son réformisme capitaliste et prolonger l’exploitation de ces derniers en leur donnant le droit d'améliorer les conditions dans lesquelles ils sont exploités par l’illusion suffragiste universelle.

Les groupes radicaux à la suite de Karl Marx n’ont pas cessé de dénoncer les pièges de cette “social-démocratie”, la pire ennemie de la classe prolétarienne : la gauche du capital.

Morceaux choisis sur le thème du fascisme et son corollaire l’antifascisme.

L’ANTIFASCISME : Formule de confusion

La confusion, dans un pareil moment de défaites, n’est donc qu’un résultat obtenu par le capitalisme, incorporant l’État ouvrier, le centrisme, aux besoins de sa conservation, les orientant là où agissent, depuis 1914, les forces insidieuses de la social-démocratie, agent principal de la désagrégation de la conscience des masses et porte-parole qualifié des mots d’ordre des défaites prolétariennes et des victoires capitalistes.

(…)

Dans cet article, nous examinerons une formule-type de confusionnisme, ce que l’on appelle même, dans des milieux ouvriers qui s’intitulent de gauche : "l’antifascisme".

Une position concrète du problème prouve que la formule de l’antifascisme ne sert que les intérêts de la confusion et prépare la déroute certaine de la classe ouvrière.

(…)

Et l’antifascisme détermine des conditions où la classe ouvrière non seulement va être noyée pour ce qui est de ses moindres revendications économiques et politiques, mais où elle verra aussi toutes ses possibilités de lutte révolutionnaire compromises et se trouvera exposée à devenir la proie du précipice des contrastes du capitalisme : de la guerre, avant de retrouver la possibilité de livrer la bataille révolutionnaire pour l’instauration de la société de demain.

BILAN Bulletin théorique du parti communiste international, Numéro 7, mai, 1934, p.221 - 226

LE PARTI COMMUNISTE ITALIEN FACE À L’OFFENSIVE FASCISTE (1921-1924)

Un excellent communiste qui fut au premier plan de la lutte du prolétariat italien contre les bandes de Mussolini à l’époque « romantique » et pseudo révolutionnaire du mouvement fasciste de ce pays, mais qui jamais ne se laissa prendre aux fatales suggestions de l’opportunisme anti-fasciste, avait coutume de dire que le « pire produit du fascisme a été l’anti-fascisme ». Cette boutade est tout à fait incompréhensible pour ces tenants d’une démocratie réformatrice, pacifiste et progressiste qui vivent continuellement dans leurs rêves insipides malgré tous les coups que leur prodigue la réalité capitaliste. Pourtant elle est profonde et vraie, et le sens n’en est pas difficile à déchiffrer pour quiconque a tant soit peu compris le marxisme. Elle signifie en bref : l’importance du fascisme a été historiquement très limitée ; mais celle de l’anti-fascisme a été beaucoup plus durable, et plus pernicieuse du point de vue des intérêts du prolétariat révolutionnaire et du communisme. Quiconque, en 1969, n’est pas capable de comprendre cela n’a jamais rien compris non seulement au marxisme révolutionnaire, mais même, plus modestement, à son époque.

Au sens propre et étroit, en effet, le mouvement fasciste n’a rempli qu’une fonction limitée : il a sauvé les bourgeoisies d’Italie d’abord, d’Allemagne ensuite et de pays de poids mondial moindre, comme l’Espagne, d’une effroyable banqueroute politique et économique à une époque et dans des circonstances bien précises, à savoir la crise générale qui, dans ces pays surtout, fit suite à la première guerre mondiale. Nous n’entendons pas affirmer par là que ces victoires bourgeoises, ces triomphes écrasants des forces de la conservation capitaliste n’ont pas pesé d’un grand poids dans la défaite de l’Internationale de 1919 et qu’elles sont pour peu de choses dans l’éclatement d’une seconde guerre impérialiste au lieu de la révolution européenne et mondiale voulue non seulement par Lénine, mais par tous les communistes ; ce serait nier la réalité. Seulement, il y a deux questions à se poser : comment est donc advenue la victoire bourgeoise qu’a représenté l’accession au pouvoir des partis fascistes et nazis ? Mais aussi et surtout comment se fait-il qu’un quart de siècle après la chute des pouvoirs fascistes qu’on a fait passer comme l’obstacle-par-excellence au triomphe du prolétariat, le Capital continue à détenir partout, de façon totalitaire le pouvoir politique dont, évidemment, il use dans son intérêt exclusif ? Il suffit de se poser ces questions pour entrevoir le sens de la boutade ci-dessus citée : la bourgeoisie italienne, puis la bourgeoisie allemande et un certain nombre de bourgeoisies moindres ont pu vaincre le prolétariat et entrainer derrière elles les classes moyennes que le capitalisme opprime, parce qu’au lieu d’avoir contre elles un prolétariat communiste trempé, elles n’ont trouvé qu’un prolétariat largement « anti-fasciste » qui n’a su répliquer à la violence capitaliste par sa violence prolétarienne et se saisir à temps du pouvoir. Surtout – puisque de toute façon, ce n’est ni le prolétariat italien, ni le prolétariat allemand qui, à eux seuls, pouvaient faire l’histoire du XXème siècle et que de toute évidence, c’est le prolétariat européen et mondial qui est en cause – si le capitalisme domine toujours, c’est que ce prolétariat n’en est pas encore arrivé à revendiquer sa propre dictature révolutionnaire sous la même influence politique que celle qui a permis déjà son écrasement dans les années 21-33, à savoir l’attachement persistant aux apparentes concessions économico-sociales qu’il attend de sa forme démocratique, mais s’imagine abolies par un pouvoir fasciste déclaré. En d’autres termes, vingt-cinq ans après la chute des Mussolini et des Hitler, les prolétaires du monde sont plus « anti-fascistes » (anti-franquistes, anti-gaullistes, anti-… une foule de noms de politiciens bourgeois rangés dans ce même vaste sac) que communistes révolutionnaires. Tout est là. Et tant qu’une profonde transformation de cette mentalité politique ne sera pas intervenue, la lutte anti-capitaliste restera au point mort, malgré toutes les ridicules vantardises de la démocratie socialisante.

Programme communiste Revue théorique du parti communiste international, Numéro 45, juillet - septembre, 1969, p.7 - 8

« Bien creusé, vieille taupe ! »