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Sur la commode

À propos du syndicalisme

Les syndicats contre la révolution

12 octobre 2017

Capitalisme - syndicalisme même combat
Capitalisme - Syndicalisme même combat CORALE Spartacus, Numéro 57, septembre, 1974

Partant du constat que le syndicat ajoute à l’aliénation des salariés par leur soumission au pouvoir patronal, un deuxième niveau, celui de la subordination aux intérêts de l’organisation syndicale, la critique du syndicalisme ne porte pas seulement sur le comportement de telle ou telle direction syndicale, ou sur le caractère nécessairement réformiste du syndicalisme, mais sur le rôle dévolu au syndicat dans le système capitaliste : « Un rouage indispensable à l’État, qui l’inventerait s’il n’existait déjà. »

Le syndicat, né d’une tendance réformiste au sein de la classe ouvrière, est l’expression la plus pure de cette tendance. Il est impossible de parler de dégénérescence réformiste du syndicat, il est réformiste de naissance. A aucun moment, il ne s’oppose à la société capitaliste et à son État pour détruire l’une et l’autre, mais uniquement dans le but d’y conquérir une place et de s’y installer.

Benjamin Péret - Grandizio Munis Les syndicats contre la révolution in Écrits dissidents, Acratie, 2014, pp. 33-34

L’apathie actuelle de la classe ouvrière n’est que provisoire. Elle indique, à la fois, cette perte de confiance dans toutes les organisations dont je viens de parler et un état de disponibilité dont il dépend de nous, révolutionnaires, de profiter pour le transformer en révolte active.

Benjamin Péret - Grandizio Munis Les syndicats contre la révolution in Écrits dissidents, Acratie, 2014, p. 48

RENAULT-BILLANCOURT : 20 juin 68

[…]

A Billancourt, le jeudi 16 mai dans l’après-midi, un atelier s’arrête puis un autre, la nouvelle se répand très vite, le 1er arrêt a lieu à 15h, à 17h tout est arrêté, et les travailleurs occupent les ateliers. Ceci malgré les responsables syndicaux CGT qui disent : on verra demain, ou après-demain, il faut connaître le résultat des entrevues des organisations syndicales. Tous leurs efforts ont été inutiles et bien malgré eux, ils ont dû suivre.

Dès le premier jour, et le lendemain, les syndicats étaient incapables de contrôler la situation. Ce n’est qu’après le meeting du lendemain qui ne rassemblait que 6 ou 7000 travailleurs qu’ils purent reprendre tout en mains. Cependant, plus les jours passaient, plus les travailleurs étaient nombreux et plus décidés à la lutte et obtenir des satisfactions. Grâce à la CGT, en particulier il en a été autrement.

Pendant cette grève, la CGT s’est dépensée pour isoler les travailleurs avec l’extérieur, c’était les groupuscules, les trotskistes, pro-chinois, tous des provocateurs, et surtout les étudiants, ces jeunes merdeux, ces fils à papa qui veulent donner des leçons, c’était tract sur tract de mise en garde. 10 étudiants faisaient plus peur à la CGT qu’un car de CRS. Beaucoup, malgré cela, admiraient le courage des étudiants qui permit cette explosion, et ouvrait un rapprochement entre intellectuels et travailleurs manuels. Ceux qui allaient discuter avec les étudiants disaient au retour que cela était intéressant et retournaient pour discuter à nouveau.

Informations Correspondances Ouvrières, N°72, JUIN-JUILLET 1968

Le mouvement de mai a permis à beaucoup de découvrir quelle force de freinage représentent les syndicats. Car, si la spontanéité suffit pour se hisser très haut, elle ne suffit pas pour s’y maintenir, et cela surtout quand la lutte ne revêt qu’exceptionnellement un caractère acharné. Conscience a été prise de la fonction des syndicats dans le monde moderne : participer à l’administration de la force de travail dans l’intérêt de la société telle qu’elle est, c’est-à-dire soumettre une certain nombre de revendications à une sene de marchandages spécialisés, tout en cherchant à renforcer leur position au sein de l’appareil de domination (les divergences entre centrales tournant uniquement autour des modalités ,de réalisation de ce dernier objectif). Mais l’exercice pratique de cette fonction serait inconcevable si les syndicats ne recevaient l’approbation en général passive de la plus grande masse des travailleurs ; en d’autres termes, la force des syndicats n’est faite que de la faiblesse et de la division des travailleurs.

La grève généralisée en France - Mai - juin 68 Supplément à Informations Correspondances Ouvrières, N°72, JUIN-JUILLET 1968

« Bien creusé, vieille taupe ! »